+
Retour aux Havres
Retour aux Havres

Retour en forêt
Retour en forêt

Un pli à m'adresser ... ?
Un pli à
m'adresser ... ?


Bilbo le Hobbit




M. Bilbon Baggins
Le Silmarillion
Le Silmarillion

Le Seigneur des Anneaux
Le Seigneur
des Anneaux


Portrait de J.R.R Tolkien
Portrait de
J.R.R. Tolkien
AVERTISSEMENT


Bilbon Baggins par Angus McBride
Dans la chronologie Tolkienienne, Bilbo le Hobbit se situe entre le Silmarillion et Le Seigneur des Anneaux. Petit interlude d'une importance capitale...J'omets volontairement de parler des additifs genre "Contes et Légendes inachevées" qui en fait sont plus des adjuvants au Silmarillion que des récits indépendants. Tolkien a conçu le Hobbit à l'attention de ses enfants, ce qui colla d'emblée à l'histoire une étiquette de conte pour enfants et de faiseur d'historiettes à Tolkien. Enfin, il me semble que c'est surtout sur le continent que ces traits sont renforcés.
Il ne faut pas oublier que le Hobbit est un lien incontournable pour qui veut connaître précisemment les faits qui nous entraînent jusqu'au Mordor affronter le Seigneur Ténébreux. Pour ce qui me concerne, c'est le premier livre de Tolkien que j'aie parcouru des yeux. Et c'est après une longue traversée du désert spirituel que je retrouvais les Elfes, Nains, Trolls et autres Dragons qui bercèrent tant et tant mes nuits d'enfant rêveur.
On ne peut pas dire que Bilbo soit mon héros tolkiennien préféré ... mais dans ce livre, on découvre Gandalf, même s'il n'en fait pas de trop et qu'il nous laisse un peu sur notre faim (le coup des Trolls pétrifiés frôle l'amateurisme, à tel point qu'on se demande s'il ne s'agit pas là d'un échappé de la forêt des Carnutes). En fait, avec l'Oeil de Sauron quasi omniscient, des boules de feu, des éclairs seraient de la magie utilisée de façon par trop ostentatoire et risquerait de faire repérer l'Istari et de déjouer ses desseins. La discrétion a toujours été son cheval de bataille. Il n'a jamais été un exhibitionniste pas plus qu'un provocateur. Gandalf, c'est un peu le Kwain Chang Caine de la Fantasy. Zen et diplomate jusqu'à ce qu'un Balrog lui chatouille les moustaches de trop près avec son fouet de feu. A cette condition seulement, il nous sort le lyrique, l'épique et l'homérique! Mais je m'égare et cela appartient au Seigneur de Anneaux, pas au Hobbit. Dans ce dernier, l'Istari fait plus oeuvre de guide que de leader. C'est ensuite qu'il devient plus Merlin que GO.
C'est aussi dans le Hobbit que nous rencontrons (si j'ose utiliser ce terme peu approprié) Smaug. Et Smaug, c'est quelque chose! Pour celui que les Dragons fascinent, Smaug est l'archétype du Ver pernicieux, impitoyable, cupide et destructeur. Sa malignité n'a d'égale que sa beauté et sa magnificence que son trésor amassé à coups de griffes. C'est le Dragon rêvé ... tapi dans son énorme grotte, le ventre couvant une montagne d'objets précieux qui vont de couronnes et tiares à armures et armes de toute beauté, l'oeil mi-clos, la conscience à l'aguet, le scrupule au vestiaire. Smaug est en fait le but avoué de cette histoire. Il en est le tenant et l'aboutissant. Responsable du sentiment de vengeance des Nains et des Hommes, il en sera l'aboutissement et la satisfaction à sa disparition. Mais même sa mort sonne le glas de la paix et la bonne entente, puisqu'elle génère ce conflit qui opposera Hommes de Dale et Nains sous la Montagne, entrainant par la même la fin glorieuse de Thorin EcudeChêne durant le siège. De grandes funérailles réuniront les Nains et les Humains. Et c'est derrière cette histoire, a priori classique, de quête, chasse au trésor, vengeance assouvie, que se cache l'un des évènements les plus importants du troisème âge des Terres du Milieu: la découverte de l'Unique. Maladroitement et de façon totalement fortuite, Bilbo se trouve en possession de l'objet le plus puissant et malfaisant qui fut en ces Terres. Et c'est cette découverte, anodine de prime abord, qui donnera naissance à l'intrigue du Seigneur des Anneaux et aux ennuis du pauvre Frodo et de son comparses, Sam Sagace. C'est dire l'importance de cet "intermède" aventureux.
Autre personnage capital rencontré ici: Gollum


Bag End par John Howe
Dans un trou vivait un hobbit. Ce n'était pas un trou déplaisant, sale et humide, rempli de bouts de vers et d'une atmosphère suintante, non plus qu'un trou sec, nu, sablonneux, sans rien pour s'asseoir ni sur quoi manger: c'était un trou de hobbit, ce qui implique le confort.
Il avait une porte tout à fait ronde comme un hublot, peinte en vert, avec un bouton de cuivre jaune bien brillant, exactement au centre. Cette porte ouvrait sur un vestibule en forme de tube, comme un tunnel: un tunnel très confortable, sans fumée, aux murs lambrissés, au sol dallé et garni de tapis; il était meublé de chaises cirées et de quantité de patères pour les chapeaux et les manteaux - le hobbit aimait les visites.
Par quelque curieux hasard, vint à passer Gandalf. Gandalf! Si vous aviez entendu le quart de ce que j'ai entendu raconter à son sujet (et ce que j'ai entendu ne représente qu'une bien petite partie de tout ce qu'il y a à entendre), aucune histoire, fût-ce la plus extraordinaire, ne vous étonnerait. Histoires et aventures jaillissaient de la façon la plus remarquable partout où il allait. Il n'était pas passé par ce chemin au pied de la Colline depuis des éternités, en fait, pas depuis la mort de son ami le Vieux Took, et les hobbits avaient presque oublié son aspect. Il était parti au-delà de la Colline et de l'autre côté de l'Eau pour des affaires personnelles à l'époque où ils n'étaient que des petits hobbits et des petites hobbites.
Gandalf par John Howe
Une visite inattendue par Ted Nasmith
Un matin, il y a bien longtemps, du temps que le monde était encore calme, qu'il y avait moins de bruit et davantage de verdure et que les hobbits étaient nombreux et prospères, Bilbo Baggins se tenait debout à sa porte après le petit déjeuner, en train de fumer une énorme et longue pipe de bois qui descendait presque jusqu'à ses pieds laineux (et brossés avec soin). Par quelque curieux hasard, vint à passer Gandalf. (...)Bilbo, qui ne se doutait de rien, ne vit ce matin-là qu'un vieillard appuyé sur un bâton. L'homme portait un chapeau bleu, haut et pointu, une grande cape grise, une écharpe de même couleur par-dessus laquelle sa longue barbe blanche descendait jusqu'à la taille, et d'immenses bottes noires.
"Bonjour!" dit bilbo.
Et il était sincère. Le soleil brillait et l'herbe était très verte. Mais Gandalf le regarda de sous ses longs sourcils broussailleux qui dépassaient encore le bord de son chapeau ombreux.
"Qu'entendez-vous par là? dit-il. Me souhaitez-vous le bonjour ou constatez-vous que c'est une bonne journée, que je le veuille ou non, ou que vous vous sentez bien ce matin, ou encore que c'est une journée où il faut être bon ?
-Tout cela à la fois, dit Bilbo. Et c'est une très belle matinée pour fumer une pipe dehors, par-dessus le marché. Si vous en avez une sur vous, asseyez-vous et profitez de mon tabac! Rien ne presse, nous avons toute la journée devant nous!"
Visite de Gandalf à Bilbo par les Frères Hildebrandt
Gandalf et Bilbo par John Howe
"Je vous demande pardon, mais je ne vous ai rien demandé.
-Si! Par deux fois maintenant. Mon pardon, je vous l'accorde. En fait, j'irai jusqu'à vous lancer dans cette aventure. Ce sera très amusant pour moi et très bon pour vous - sans compter le profit, très probablemen,t, si vous réussissez.
-Je regrette! Je ne veux pas d'aventures, merci. Pas aujourd'hui. Bonjour! Mais venez prendre le thé - quand vous voudrez! Pourquoi pas demain ? Venez demain. Au revoir!" Sur quoi, le hobbit se détourna et se réfugia vivement derrière sa porte ronde et verte, qu'il referma aussi vite que le permettait la politesse. Après tout, les magiciens sont des magiciens. (...) Cependant, Gandalf était resté debout à la porte et il rit longuement, mais en silence. Après un moment, il s'approcha du vantail et, du fer de son bâton, il traça un signe bizarre dans la belle peinture verte. Puis il s'en fut à grand pas...
Bilbo se précipita dans la vestibule, très mécontent, mais en même temps abasourdi et troublé - C'était le mercredi le plus embarrassant de tous ceux dont il eût souvenance. Il ouvrit la porte d'un mouvement si brusque qu'il s'écroulèrent tous l'un sur l'autre à l'intérieur. Encore des nains, quatre de plus! Et derrière, il y avait Gandalf qui, appuyé sur son bâton, était agité d'un grand rire. Il avait fait une véritable encoche sur la belle porte; il avait également supprimé, soit dit en passant, la marque secrète qu'il avait tracé la veille au matin.
"Tout doux! Tout doux! dit-il. Ce n'est pas dans votre manière, Bilbo, de faire attendre des amis sur le paillasson, et puis d'ouvrir la porte comme un pistolet à bouchon! Permettez-moi de vous présenter Bifur, Bofur, Bombur et particulièrement Thorïn!
- pour vous servir!" dirent Bifur, Bofur et Bombur, alignés.
Arrivée fracassante par Alan Lee
La découverte de la carte de Thror par Alan Lee
"Bon, dit Gandalf. Assez de discussion. J'ai choisi M.Baggins, et cela devrait vous suffire, à tous tant que vous êtes. Si je dis que c'est un cambrioleur, c'est un cambrioleur, ou il le sera le moment venu. Il y a beaucoup plus en lui que vous ne le soupçonnez, et passablement plus qu'il ne le soupçonne lui-même. Vou me remercierez tous (peut-être) un jour. Et maintenant, Bilbo, allez chercher la lampe, que l'on fasse un peu de lumière sur tout cela."
Dans la lumière d'une grande lampe à abat-jour rouge, il étala un morceau de parchemin qui ressemblait assez à une carte.
"Ceci fut tracé par Thror, votre grand-père, Thorïn, dit-il en réponse aux questions impatientes des nains. C'est un plan de la Montagne."
"Que l'aube vous saisisse tous et soit pour vous de pierre!" dit une voix qui sonnait comme celle de William.
Mais ce n'était pas elle. Car, juste à ce moment, la lumière parut au-dessus de la colline, et il y eut un puissant gazouillis dans les branches. William ne souffla mot : il avait été pétrifié là, tandis qu'il se baissait; et Bert et Tom avaient été plantés comme des rocs pendant qu'ils le regardaient. Et ils se dressent encore là ce jour, tout seuls, à moins que les oiseaux ne perchent sur leur personne; car vous le savez sans doute, les trolls doivent se trouver sous terre avant l'aurore, ou ils retournent à la matière des montagnes dont ils sont sortis et ne font plus un mouvement.C'était ce qui était arrivé à Bert, Tom et William.
"Excellent!" dit Gandalf, sortant de derrière un arbre et aidant Bilbo à descendre d'un arbrisseau épineux. Bilbo comprit alors. C'était la voix du magicien qui avait maintenu la querelle et la zizanie entre les trolls jusqu'à ce que la lumière du jour vînt en finir avec eux.
Trolls pétrifiés par Alan Lee
La Dernière Maison Simple à l'Ouest des Monts par Michael Hague
Les nains étaient tous partisans de dîner le plus vite possible et ils ne voulurent pas rester. Ils partirent donc, menant leurs poneys par la bride jusqu'à ce qu'on les eût amenés à un bon sentier, et ainsi, en fin de compte, jusqu'au bord même de la rivière. Elle coulait rapide et bruyante comme font les rivières de montagne les soirs d'été, quand le soleil a donné toute la journée sur la neige bien loin au-dessus. Il n'y avait qu'un étroit pont de pierre sans parapet, un pont tout juste suffisant pour le passage d'un poney, et c'est là qu'ils durent traverser un à un avec une prudente lenteur, chacun conduisant sa monture par la bride. Les elfes avaient apporté sur la rive de brillantes lanternes, et ils chantèrent une joyeuse chanson pendant que le groupe effectuait cette traversée.
Là, dans l'ombre, sur une grande pierre plate était assis un formidable gobelin à la tête énorme; il était entouré de gobelins armés de haches et de sabres courbes en usage chez eux. Or les gobelins sont cruels, méchants, et ils ont le coeur mauvais. Ils ne fabriquent pas de belles choses, mais ils en font d'habiles. Ils savent creuser des tunnels et des mines aussi bien que n'importe qui, hormis les nains spécialistes, quand ils s'en donennt la peine, bien qu'ils soient d'ordinaire sales et désordonnés. Les marteaux les haches, les épées, les poignards, les pioches, les tenailles et aussi les instruments de torture, ils les confectionnent très bien ou les font faire sur leurs dessins par d'autres, prisonniers et esclaves qui sont contraints de travailler jusqu'à ce qu'ils meurent par manque d'air et de lumière.
Le Grand Gobelin par John Howe
Gollum par Angus McBride
Au plus profond de ces lieux, près de l'eau noire, vivait le vieux Gollum, une créature petite et visqueuse. Je ne sais d'où il était venu, j'ignore qui et ce qu'il était. C'était Gollum - aussi ténébreux que les ténèbres, à l'exception de deux grands yeux pâles et ronds dans son visage mince. Il avait une petite barque, et il se promenait silencieusement sur le lac; car c'était bien un lac, large, profond et mortellement froid. Il pagayait avec de grands pieds ballant par dessus le bord, mais sans jamais causer la moindre ride. Non, pas lui. il cherchait de ses pâles yeux, semblables à des lampes, les poissons aveugles, qu'il saisissait comme un éclair dans ses longs doigts. Il aimait aussi la viande. Il appréciait les gobelins, quand il pouvait s'en procurer (...) En fait, Gollum vivait sur un îlot de rocher gluant au milieu du lac. A ce moment, il observait de loin Bilbo avec ses yeux pâles semblables à des téléscopes. Le hobbit ne pouvait le voir, mais lui s' interrogeait énormément au sujet de Bilbo, car il voyait que ce n'était aucunement un gobelin.
"Je suis M.Bilbo Baggins. J'ai perdu mes nains, j'ai perdu le magicien, et je ne sais pas où je suis; et je ne tiendrais pas à le savoir, si seulement je pouvais sortir d'ici.
-Qu'est-ce qu'il a dans ses mains ? dit Gollum, les yeux fixés sur l'épée, qu'il n'aimait pas trop.
-Une épée, une lame qui vient de Gondolin!
-Sss, dit Gollum, qui se fit très poli. P't-être que tu restes là à bavarder avec ça un peu, mon trésor. Ca aime peut-être les énigmes, peut-être oui ?"
Il désirait paraître amical, en tout cas pour le moment et jusqu'à ce qu'il en eût découvert plus long sur l'épée et le hobbit: s'il était vraiment tout seul et s'il était bon à manger au cas où lui, Gollum, aurait vraiment faim. Les énigmes étaient tout ce qui se présentait à son esprit. En poser et parfois les deviner avait été le seul jeu qu'il eût jamais pratiqué avec d'autres drôles de créatures dans leurs trous, il y avait très, très longtemps, avant qu'il n'eût perdu tous ses amis et n'eût été chassé, seul, et qu'il ne se fût glissé, descendant toujours plus loin, dans les ténèbres sous la montagne.
Bilbo et Gollum jouant aux devinettes dans le noir ...
Aussi ténébreux que les ténèbres ... à l'exception de deux grands yeux pâles dans son visage mince ... C'était Gollum ...
Toute proche se trouvait son île, dont Bilbo ne savait rien, et là, dans sa cachette, il conservait toutes sortes de misérables objets, et une très, très belle, très merveilleuse chose. Il possédait un anneau, un anneau d'or, un anneau précieux.
"Mon cadeau d'anniversaire! murmura-t-il pour lui même, comme il avait souvent fait au cours desombres et interminables jours. C'est de ça qu'on a besoin maintenant, oui; c'est ça qu'on veut!"
S'il le voulait, c'est que cet anneau avait certain pouvoir: en le glissant à son doigt, on devenait invisible; on ne pouvait plus être vu qu'en plein soleil et encore seulement à son ombre, faible et mal dessinée.
"mon cadeau d'anniversaire! Il m'est échu le jour anniversaire de ma naissance, mon trésor."
C'est ce qu'il se disait toujours à lui-même. Mais qui sait comment Gollum était venu en possession de ce cadeau, il y avait des siècles, dans cet ancien temps où pareils anneaux étaient encore disponible dans le monde ?
Peut-être le Maître qui les régissait n'aurait-il pu, lui-même, le dire. Gollum le portait au début, jusqu'au moment où il en ressentit de la fatigue; alors, il le conserva dans un petit sac contre sa peau, jusqu'au moment où l'objet l'écorcha; à présent, il le dissimulait généralement dans un trou du rocher de son île, et il retournait constamment le contempler. Il lui arrivait encore de le mettre, toutefois, quand il ne pouvait supporter d'en être plus longtemps séparé, ou quand il avait très, très faim et qu'il était las du poisson. Il se faufilait alors le long des sombres passages en quête de gobelins égarés. Il lui arrivait même de s'aventurer en des endroits où étaient allumées des torches qui lui picotaient les yeux et le faisaient ciller; car il était en sécurité. Nul ne pouvait le voir, nul ne pouvait le remarquer jusqu'au moment où il lui serrait la gorge. Il avait encore porté l'anneau quelques heures auparavant, il avait attrapé un tout petit gobelin. Quels vagissements! Il lui restait encore un ou deux os à ronger, mais il voulait quelque chose de plus moelleux.
Gollum pêchant par les Frères Hildebrandt
Le Jeu des Devinettes par Darrell Sweet
"Il faut que ç-ç-ça nous pose une ques-s-stion, mon trésor, s-s-si, s-s-si. Jus-ste une ques-s-stion de plus-s à deviner, s-si, s-si", dit Gollum.
Mais Bilbo était tout simplement incapable de penser à aucune question, à côté de cette vilaine chose humide qui le tripotait et lui donnait des bourrades. il se gratta, il se pinça; mais il ne pouvait toujours penser à rien.
"Demandez-nous! Demandez-nous!" dit Gollum.
Bilbo se pinça et se donna des claques; il serra sa petite épée; il fouilla même dans sa poche de l'autre main. Là, il trouva l'anneau qu'il avait ramassé dans le passage et qu'il avait oublié.
"Qu'ai-je dans ma poche ?" dit-il tout haut. Il se parlait à lui-même, mais Gollum crut que c'était une devinette, et il fut terriblement démonté.
Gandalf grimpa alors au sommet de l'arbre. L'éclat soudain s'échappa comme un éclair de sa baguette, tandis qu'il s'apprêtait à sauter de là-haut juste au milieu des lances des gobelins. C'eut été sa mort, bien qu'il en eût sans doute tué bon nombre en tombant comme la foudre parmi eux. Mais il ne sauta jamais.
Juste à ce moment, le Seigneur des Aigles fondit du haut des airs, le saisit dans ses serres et disparut.
Un hurlement de colère et de surprise s'éleva parmi les gobelins. Le Seigneur des Aigles, auquel Gandalf avait maintenant parlé, glatit puissamment. Les grands oiseaux qui l'accompagnaient firent demi-tour et descendirent comme d'énormes ombres noires. Les loups gémirent et grincèrent des dents; les gobelins hurlèrent, trépignèrent de rage et lancèrent en vain leurs lourdes lances.
Juste à ce moment, le Seigneur des Aigles fondit du haut des airs, le saisit dans ses serres et disparut.
Bilbo et les Nains sauvés par les Aigles
Au-dessus d'eux fondirent les aigles; le sombre et rapide battement de leurs ailes les précipita à terre ou les projeta au loin; leurs serres déchirèrent les visages des gobelins. D'autres oiseaux volèrent au sommet des arbres et saisirent les nains, qui grimpaient à présent aussi haut qu'ils osaient le faire.
Le pauvre Bilbo faillit bien être de nouveau être laissé à la traîne! Il parvint tout juste à saisir les jambes de Dori au moment où celui-ci était enlevé le dernier; et ils s'élevèrent tous deux au-dessus du tumulte et de l'incendie, Bilbo se balançant dans l'air au bout de ses bras presque rompus.
A présent, loin en dessous, gobelins et loups se dispersaient de tous côtés dans la forêt.
Le Seigneur des Aigles ne voulait les amener à aucun endroit proche des habitations des hommes:
"Ils tireraient sur nous avec leurs grands arcs d'if, dit-il, car ils croiraient que nous en voulons à leurs moutons. Et, en d'autres temps, ils auraient raison. Non! Nous sommes heureux de soustraire leur prise aux gobelins, ainsi que de vous témoigner notre reconnaissance, mais nous ne voulons pas nous risquer pour des nains dans les plaines du Sud.
-Bon, dit Gandalf. Amenez-nous où et aussi loin que vous le voudrez bien! Nous vous sommes déjà profondément obligés. Mais, en même temps, nous sommes extrêmement affamés.
-Pour moi, je suis presque mort d'inanition, dit Bilbo d'une petite voix faible que personne n'entendit."
Le Seigneur des Aigles par Darrell Sweet
Beorn, the Berserker par les Frères Hildegrand
Le Quelqu'un dont j'ai parlé, un très grand personnage. Vous devrez tous être très polis quand je vous présenterai. Je le ferai lentement, deux par deux, je pense; et il vous faudra prendre garde à ne pas l'ennuyer, ou Dieu sait ce qui se passera. Il peut être effroyable quand il est en colère, bien qu'il se montre assez bienveillant quand on ne le contrarie point. Mais je vous préviens, il se courrouce facilement.(...) S'il faut que vous en sachiez davantage, il s'appelle Beorn. Il est très fort, et c'est un changeur de peau.(...) Il change sa peau: parfois c'est un énorme ours noir, parfois un homme fort et de grande taille avec d'immenses bras et une longue barbe.Je ne puis pas vous dire grand-chose de plus; cela doit d'ailleurs vous suffire. D'aucuns disent que c'est un ours descendant des grands et anciens ours des montagnes qui vivaient là avant l'arrivée des géants.
Ils atteignirent bientôt une cour dont la maison de bois et ses deux longues ailes formaient trois côtés. Au centre était couché un grand tronc de chêne environné de nombreuses branches coupées. Debout à côté était un homme énorme, qui avait une chevelure et une barbe noires et épaisses, de grands bras nus et des jambes aux muscles noueux. Il était vêtu d'une tunique de laine qui lui descendait jusqu'aux genoux, et il s'appuyait sur une grande hache. Les chevaux se tenaient à côté de lui, le museau contre son épaule.
"Peuh! Les voici! dit-il aux chevaux. Ils ne paraissent pas bien dangereux. Vous pouvez partir!"
Il eut un grand rire sonore, posa sa hache et s'avança.
Il eut un grand rire sonore, posa sa hache et s'avança. -Qui êtes-vous et que désirez-vous ?- demanda-t-il d'un ton bourru, debout devant eux et dominant de haut la stature de Gandalf.
Au Manoir de Beorn par Ted Nasmith
"Allez-y, appelez!"
Gandalf lança un long et strident sifflement et bientôt Thorïn et Dori, montés par l'allée du jardin, contournèrent la maison et vinrent faire de profondes courbettes davent eux.
"Un ou trois, vous voulez dire, à ce que je vois! dit Beorn. Mais ceux-ci ne sont pas des hobbits, mais des nains!
-Thorïn Oakenshield, pour vous servir! Dori, pour vous servir! dirent les deux nains, s'inclinant de nouveau.
-Je n'ai pas besoin de vos services, merci, dit Beorn; mais sans doute avez-vous besoin des miens. Je n'aime pas trop les nains; mais s'il est vrai que vous êtes Torïn (fils de Traïn, fils de Thror, je pense), que votre compagnon soit honorable, que vous soyez ennemis des gobelins et que vous ne vous proposiez de commettre aucun méfait sur mes terres... Quelles sont vos intentions, au fait ?"
Le lendemain, ils se mirent en route avant l'aube, malgré la brièveté de leur nuit. Dès qu'il fit jour, ils purent voir la forêt approcher comme si elle venait à leur rencontre, ou les attendre comme un mur noir et menaçant. Le sol s'élevait graduellement, et il sembla au hobbit qu'un silence commençait à les entourer. Les oiseaux chantaient moins. Il n'y avait plus de cerfs; on ne voyait même plus de lapins. Au début de l' après-midi, ils avaient atteint les avancées de Mirkwood et ils se reposaient presque sous les grandes branches surplombantes des premiers arbres. Les troncs en étaient énormes et rugueux, les branches tordues, les feuilles longues et sombres. Du lierre les enserrait et rampait sur la terre.
"Eh bien, nous voici à Mirkwood! dit Gandalf. La plus grande des forêts du monde nordique. J'espère que vous en aimez l'aspect. Maintenant, il faut renvoyer ces excellents poneys que vous avez empruntés."
Well, here is Mirkwood!, said Gandalf.
Bilbo contre les araignées en Mirkwood
Par moments, ils devaient se retournenr pour combattre les créatures qui les rattrapaient; et déjà il y avait dans les arbres au dessus de leurs têtes des araignées qui jetaient vers le sol leurs longs fils collants.
La situation paraissait de nouveau assez mauvaise, quand soudain Bilbo reparut et, à l'improviste, chargea de flanc les araignées surprises.
"Continuez! Continuez! cria-t-il. Je me charge des piqûres!"
Ce qu'il fit. Il allait et venait comme l'éclair, tailladant les fils des araignées, leur hachant les pattes et transpercçant leurs gros corps si elles approchaient trop. Les araignées, gonflées de colère, lançcianet leur salive, écumaient et sifflaient d'horribles malédictions; mais elles avaient une peur morrtelle de Dard et elles n'osaient venir très près maintenant qu'elle avait reparu. Aussi, elles pouvaient bien jurer tout leur soûl, leur proie s'éloignait lentement, mais constamment. Ce fut une terrible affaire qui parut durer des heures. Mais enfin, au moment ou Bilbo se sentait incapable de lever le bras pour porter un seul coup de plus, les araignées, renonçant soudain, cessèrent de le suivre et regagnèrent, déçues, leur sombre colonie.