The Minds of Billy Milligan


Schizophrénie

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K de schizophrénie


Article de presse
Quand la police de l'Ohio arrête l'auteur présumé de quatre viols de jeunes femmes, elle croit tenir un cas facile : les victimes reconnaissent formellement le coupable, et il possède chez lui la totalité de ce qui leur a été volé. Pourtant, il nie farouchement. Ou bien, il reconnaît les vols mais pas les viols. Son comportement étrange amène ses avocats commis d'office à demander une expertise psychiatrique. Et c'est ainsi que tout commence...

On découvre que William Stanley Milligan possède ce que l'on appelle une personnalité multiple, affection psychologique très rare, qui fait de lui un être littéralement "éclaté" en plusieurs personnes différents qui tour à tour habitent le corps de Billy. Il y a Arthur, un Anglais de Londres, raffiné, cultivé, plutôt méprisant, et puis aussi Ragen, un Yougoslave brutal et d'une force prodigieuse, expert en armes à feu. En tout vingt-quatre personnalités d'âge, de caractère, et même de traits physiques absolument différents. Il y a même des femmes, Christine, un bébé de trois ans et Adalana 19 ans, une lesbienne.

Né Morrison William Stanley, Billy eut une enfance difficile. Deuxième enfant d'un couple d'artistes (sa mère avait déjà été mariée, son père toujours pas divorcé), sa prime jeunesse se passât dans des institutions spécialisées quand ses parents étaient en tournée. C'est lorsqu'il avait presque quatre ans que le premier ami imaginaire de BillyArticle de presse
"vît le jour". Alors qu'il s'ennuyait, un petit garçon aux cheveux et aux yeux noirs apparut. il n'avait pas de nom, ils ne se parlaient pas, mais c'était tout de même plus agréable que d'être seul. C'est ensemble qu'ils virent la voiture aux lumières clignotantes emporter papa après qu'il ait avalé des capsules jaunes et bu plus que de raison. Et c'est à cette époque que Billy, lassé par la solitude et l'ennui, abandonné par son père en convalescence, interdit de loisir avec sa sœur, toute petite fille, ferma les yeux et s'endormit.
Christine ouvrit les yeux et s'occupa de la toute petite fille. Elle ne comprenait pas pourquoi la belle dame l'appelait Billy, mais elle était heureuse de rendre service. Depuis ce moment, Billy prit l'habitude d'être accusé de plein de choses (dessins sur les murs, vol de poupée, ...) et de tenter de s'en défendre en vain.
Le père de Billy, au sortir de l'hôpital, se remit à boire et à jouer. La police le retrouva après une longue période de disparition, il s'était suicidé. Dans un état sentimental et pécuniaire précaires, Dorothy, la mère de Billy, retourna dans l'Ohio où elle retrouva Dick Jonas, son ancien mari, et l'épousa de nouveau. C'est un peu à la même époque, alors qu'il approchait de son cinquième anniversaire, que Billy fit une grosse bêtise. Il cassa un bocal de biscuits et fut pris de tremblements. Il ne voulait pas être puni, ne voulait pas avoir mal. Il ferma les yeux et s'endormit...
Shawn ouvrit les yeux et vit une belle dame s'approcher. Elle lui faisait les gros yeux, ses lèvres bougeaient, mais il n'entendit rien. Pour le punir, elle l'entraîna dans une chambre et l'enferma. Il s'endormit. Billy, en se réveillant, s'attendait à être battu pour avoir cassé le bocal, mais les gifles ne venaient pas. Il commençait à avoir l'habitude d'être quelque part, de fermer les yeux et de se réveiller ailleurs. Il supposait que tout le monde était dans son cas. On l'avait souvent traité de menteur et puni pour des fautes qu'il n'avait pas commises. Mais aujourd'hui, alors qu'il était réellement coupable, il s'apercevait en ouvrant les yeux que rien ne lui était arrivé. Il chercha à revoir le petit garçon aux cheveux noirs. Il ferma les yeux très fort, mais rien ne vint. Chose étonnante, il ne souffrit plus jamais de la solitude, de la tristesse ou de l'ennui. A chaque fois que l'un de ces maux le menaçait, il lui suffisait de fermer les yeux pour se retrouver dans un lieu différent, où tout était changé. Parfois ses paupières s'abaissaient quand le soleil resplendissait au-dehors et quand elles s'ouvraient, le nuit était tombée. Parfois, c'était tout le contraire. A d'autres moments, il jouait avec Kathy ou Jimbo et puis il découvrait qu'il était seul, assis par terre. Souvent, quand cela arrivait, ses bras portaient des marques rouges ou bien son derrière le brûlait comme après une fessée. Mais on ne le secouait plus, on ne le battait plus. Il était content : plus personne, jamais, ne le punissait.
Dorothy quitta Dick Jonas un an après son remariage. Peu après, elle se fit escroquer ses économies par un séduisant beau parleur qui lui prit jusque son dernier sou. Elle reprit le chemin de Circleville et dan une boîte de nuit où elle chantait, elle fit la connaissance de Chalmer Milligan. Veuf, il avait deux fille dont Challa avec laquelle il vivait.article de presse De suite, Billy éprouva de l'antipathie pour lui. Durant cette période, Shawn ouvrait souvent les yeux pour voir quelqu'un qui le regardait avec colère, en remuant les lèvres. Quand ils remuaient les lèvres, il se mettait à en faire autant, en émettant un bourdonnement entre ses dents. Ils riaient quand il faisait ça. Mais pas l'homme en colère. Et le plus souvent, c'était l'homme en colère qui le foudroyait du regard. Alors Shawn se mettait à pleurer et sa faisait tout drôle dans sa tête. Shawn fermait les yeux et s'en allait. Billy ne comprenait jamais qu'on lui demande de faire l'abeille. Et pensait avoir inventé un jeu sans le savoir.

Billy, qui avait presque dix ans, avait remarqué que papa Chal le surveillait constamment, l'observait fixement. Un jour, ce dernier annonça qu'il allait emmener Billy avec lui à la ferme : il y avait beaucoup à faire là-bas. Arrivés à la ferme, Chalmer ouvrit le garage puis conduisit le tracteur dans la grange. Là, il héla Billy. Son ton de voix effraya le gamin de dix ans. Sa respiration oppressée et sifflante, son haleine chargée de bière firent reculer l'enfant. Il l'agrippa par le bras et lui lia les mains à l'aide d'une corde. Puis, balançant la corde en travers d'une poutre, il se mit à tirer dessus.
Billy entendit une voix qui semblait venir de très loin lui dire que si jamais il s'avisait de parler à Dorothy de ce qui allaiyt se passer, on le tuerait pour l' enterrer dans le champ. Dorothy croirait qu'il avait fait une fugue parce qu'il n'aimait pas sa maman.
Billy ferma les yeux.
Il avait mal. Très mal, très, très mal. et il ne savait pas pourquoi on le punissait ainsi., lui qui n'avait rien fait. Jamais il n'avait eu aussi mal de sa vie. Quand la douleur devint insupportable, il songea au grand bocal de biscuits qu'il avait cassé un jour sans qu'on le punisse pour cette mauvaise action. A cet instant précis, son esprit, ses émotions, son âme volèrent en vingt-quatre morceaux...
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