Retour en forêt ?
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Les Havres Gris

J.R.R. Tolkien
J.R.R. Tolkien

Couverture du Silmarillion par Ted Nasmith
Le Silmarillion

Couverture dU Hobbit version BD par David Wenzel
Bilbo
le Hobbit

L'anneau Unique du Seigneur des Anneaux
Le Seigneur des Anneaux


Le départ aux Havres Gris
At Lake Cuivienen (naissance des Elfes) par Ted Nasmith
Cette scène de fin du Seigneur des Anneaux, est, à mon sens, la plus triste et la plus pathétique. Même la Mort de Théoden, celle de Boromir, voire celle de Beleg Cuthalion, ne peuvent rivaliser. C'est la déchirante séparation de Bilbo et Frodo, même si celle-ci a été "digérée" il y a longtemps (le départ de Bilbo de la Comté) et même s'ils perçoivent qu'elle n'est pas définitive (tous les porteurs de l'Anneau se doivent d'embarquer aux Havres Gris, un jour ou l'autre).. C'est le départ de toutes les dernières merveilles des Terres du Milieu. Imaginez un peu! Il y a là Galadriel, La Dame de Lorien, fille de Finarfin et soeur de Finrod Felagund. Gandalf se retire avec ShadowFax, le plus fabuleux des "magiciens" et la plus merveilleuse des montures. Les "dernières Belles Gens" quittent les Terres du Milieu qui ne les méritent plus. Les dernières Magies féeriques s'évanouissent vers l'Ouest. Le Monde garde encore un peu de leur héritage. Ainsi, Aragorn et Arwen. Cette dernière choisissant le Destin mortel des humains à l'Immortelle Destinée des Elfes par Amour pour son Roi.
Et puis! Alas! C'est, pour le lecteur, l'amoureux des belles histoires, celui qui a osé s'aventurer dans ce merveilleux univers, le signal définitif de la FIN. Ce signal que tout amoureux de Tolkien a tenté d'occulter, d'ignorer, d'éluder durant qu'il tournait les dernières pages de SON Chef-d'œuvre! Ce moment, comme un coup de poignard, qu'il appréhendait douloureusement de se dire qu'il faut fermer CE livre. Il n'y aura plus de moment identique à celui où il ouvrit ce livre pour la première fois, vierge de toute Tolkienisation, happé par une simple phrase comme une formule kabbalistique d'hypnotiseur: "Dans un trou vivait un hobbit...". Ce jour-là, on ouvre un livre qu'on aimerait n'avoir jamais ouvert pour ne pas avoir à le refermer! On aimerait, d'un seul coup!, perdre la mémoire! Devenir amnésique! On se prend à haïr et à envier ceux qui ne connaissent pas encore cette histoire, qui vont la découvrir, la piétiner de leurs pupilles affamées de merveilleux, en suivant les mêmes traces que nous. Et on sera prêt à compatir lorsqu'ils tourneront la dernière page, ainsi que nous le faisons à cet instant. Fermant le parchemin sur ces êtres d'Imagination qui étaient devenus des amis intimes. Mais, qu'Irmo, maître des visions et des rêves, en ses jardins de Lorien, en soit remercié, nous nous consolons en nous disant qu'à chaque nuit que nous fermons les paupières, nous parcourrons derechef les plaines du Rohan, les yeux écarquillés, bercé par le galop de ShadowFax, le cœur battu par les tambours barbares des Compagnies Orcs, le cœur esclave de la Beauté de la Lorien et de sa Reine, Galadriel, le cœur fendu par la mort de Théoden, par la mort de Boromir, l'amour naissant d'Eowyn pour Faramir, le départ aux Havres qui n'en finit pas d'être une fin, si ce n'est LA fin.
Dire que j'ai aimé l'Oeuvre de Tolkien est un bel euphémisme. Elle a pris une place immense dans ma vie de lecteur. Et depuis que je l'ai lue la première fois, je ne cesse de la relire et la relire à l'envi. Ceux qui n'ont pas lu (ça existe?) Tolkien, ou ceux qui ne l'ont apprécié qu'à moitié, voire pas du tout (ça existe), ne peuvent certes pas comprendre cette passion. Les autres (ça existe!), se reconnaîtront aisément dans les symptômes de folie naissante que j'ai décrits. Le gros problème avec les plus grands auteurs, c'est qu'ils sont tous morts. Et la Mort, c'est un peu comme la Tolkienite aiguë, c'est, à priori, incurable. J'envie les lecteurs du Paradis qui doivent déjà avoir la suite! Car si le Paradis existe, nul doute que Tolkien y est et qu'il continue son oeuvre.
Pour l'instant, ici-bas, j'ai appris qu'on tenterait le Diable, id est tourner un film de la Trilogie. Je veux pas jouer les pessimistes, mais je doute du résultat.
En tout cas, je ne pourrais, là, par de simples mots, faire ressentir à ceux qui ne la partagent, l'étendue de ma passion pour le travail de Tolkien et l'inspiration dont ce dernier peut être la source. Des artistes, infiniment plus talentueux que votre humble serviteur, ont su démontrer la puissance inspiratrice véhiculée par l'Univers Tolkienien. J'aurais pu rererererefaire un nouveau site plein d'images, de sons, de grabouilles, de fontes, etc., etc... Mais il y a pléthore. Alors, il m'a semblé plus plaisant de faire d'une pierre deux coups:
-faire connaître Tolkien à la dizaine d'individus qui aurait vécu sur Jupiter ces soixante dernières années, et qui ignorerait cette merveille.
-montrer des travaux d'artistes qui, même si on met de côté l'influence Tolkienienne, sont des oeuvres, souvent, d'une beauté exceptionnelle.
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