POEMES

Voici, piochées ça et là, de petites merveilles... comme quoi le mystère
félin du Chat n'a pas inspiré que les quidams de basse extraction tels
que moi. Cela étant dit, et bien dit, si vous avez, vous aussi, de petits
émerveillements poétiques ayant eu le Chat pour muse, n'hésitez pas à m'en
faire part (mon Email est juste à droite), ils rejoindront avec plaisir ce petit florilège:


Le chat bourgeois Jean Anouilh, Fables
Le Bestiaire ou le Cortège d'Orphée Guillaume Apollinaire, Le poète assassiné
Le chat Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
Le Chat Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
Les chats Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
Le chat et le soleil Maurice Carême
A une chatte Charles Cros, Le coffret de santal
Le chat qui ne ressemble à rien Robert Desnos, La ménagerie de Tristan
Vers français sur la mort d'un petit chat Joachim du Bellay
Sonnet à Ménine Joachim du Bellay Regrets
Le chat Paul Eluard, Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux
Chanson du chat Tristan Klingsor, Florilège poétique
Le chat et le vieux rat Jean de La Fontaine
Sonnet Jules Lemaitre
Le Chat noir Rainer Maria Rilke, Nouveau poèmes
Le petit chat Edmond Rostand, Musardises.
Poème du chat Jacques Roubaud
Le petit chat blanc Claude Roy, Enfantasque
La java des pussy-cats de Boris Vian


Quelque chose à ronronner ?
Un poème à miauler ?
Venez gratter à mon Email...

Retour page principale
Retour page principale

Prose féline
Des félidés couchés sur prose
Le chat bourgeois Jean Anouilh, Fables

Un chat tuait sans vrai désir.
C'était un chat très riche et il n'avait pas très faim.
Il faut bien se distraire, enfin:
Chat bourgeois a tant de loisirs...
On ne peut pas toujours dormir sur un coussin.
De souris, il ne mangeait guère;
Son pedigree fameux l'ayant mis au-dessus
Des nourritures du vulgaire.
Son régime était strict. Cet immeuble cossu,
En outre visité, à dates périodiques,
Par les services de la dératisation,
Gens aux procédés scientifiques,
Tuant sans joie ni passion,
Au nom de l'administration,
De rat, de vrai bon rat, qui fuit et qu'on attrape
Négligemment, ne le tuant qu'à petits coups
Sans tuer son espoir - vrai plaisir de satrape -
Il n'y en avait plus du tout
Avec leurs poisons et leurs trappes.
Restaient quelques moineaux bêtes et citadins,
Race ingrate
Qu'on étendait d'un coup de patte:
Assez misérable fretin.
Oubliant les rats,
L'employé du service d'hygiène ne vint pas.
On l'avait convoqué
Sur un autre frontière,
Pour tuer cette fois des hommes. Et la guerre,
Approchant à grand pas des quartiers élégants,
Les maîtres de mon chat durent fuire sans prendre leurs gants,
En un quart d'heure sur les routes incertaines.
Dans l'impérieux souci de sauver leur bedaine
Ils oublièrent tout, les bonnes et le chat.
Les bonnes changèrent d'état.
Loin de Madame, violées par les militaires,
Elles si réservées se révélèrent
Putain de beaucoup de talent.
Leur train de vie devint tout à coup opulent
Et elles prirent une bonne.
Après un temps de désarroi,
Le chat, devenu chat, compris qu'il était roi;
Que la faim est divine et que la lutte est bonne.
D'un œil blanc, d'un oreille arrachée aux combats
Dont il sortit vainqueur contre les autres chats,
Il paya ses amours royales sous la lune.
Sans régime et sans soin, ne mangeant que du rat
Il perdit son poil angora
Qui ne tenait qu'à sa fortune
Et auquel il ne tenait pas;
Il gagna la mine altière
Et l'orgueil des chats de gouttière,
Et bénit à jamais la guerre
Qui offre aux chats maigris des chattes et des rats.
Jamais ce que l'on vous donne
Ne vaudra ce que l'on prend
Avec sa griffe et sa dent.
La vie ne donne à personne.

Haut de page

Le Bestiaire ou le Cortège d'Orphée Guillaume Apollinaire, Le poète assassiné

Je souhaite dans ma maison
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi mes livres,
Des amis en toute saison,
Sans lesquels je ne peux vivre.


Le chat Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

I
Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu’en son appartement
Un beau chat, fort, doux, et charmant.
Quand il miaule, on l’entend à peine,
Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s’apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C’est là son charme et son secret.
Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fond le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.
Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n’a pas besoin de mots.
Non, il n’est pas d’archet qui morde
Sur mon cœur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,
Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu’harmonieux !

II
De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé pour l’avoir
Caressée une fois, rien qu’une.
C’est l’esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire,
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?
Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi même,
Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemple fixement.

Haut de page

Le Chat Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tiens, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Et des pieds jusque à la tête
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Haut de page

Les chats Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Haut de page

Le chat et le soleil Maurice Carême

Le chat ouvrit les yeux
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux
Le soleil y resta.
Voilà pourquoi le soir,
Quand le chat se réveille,
J'aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Haut de page

A une chatte Charles Cros, Le coffret de santal

Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande dans ces vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.
Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que nos lèvres
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas
Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.
Pourquoi cette sérénité?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l'été?
Devant la mort qui nous menace,
Chat et gens, ton flair plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s'efface,
Où va la pensée, où s'en vont
Les défuntes splendeurs charnelles?...
Chatte, détourne tes prunelles;
J'y trouve trop de noir au fond.

Haut de page

Le chat qui ne ressemble à rien Robert Desnos, La ménagerie de Tristan

Le chat qui ne ressemble à rien
Aujourd'hui ne va pas très bien.
Il va visiter le docteur
Qui lui ausculte le cœur.
Votre cœur ne va pas bien
Il ne ressemble à rien,
Il n'a pas son pareil
De Paris à Créteil.
Il va visiter sa demoiselle
Qui lui regarde la cervelle.
Votre cervelle ne va pas bien
Elle ne ressemble à rien,
Elle n'a pas son contraire
A la surface de la terre.
Voilà pourquoi le chat qui ne ressemble à rien
Est triste aujourd'hui et ne va pas bien.

Haut de page

Vers français sur la mort d'un petit chat Joachim du Bellay

Doncques Belaud, premièrement
ne fut pas gris entièrement
Ni tel qu'en France on les voit naître
Mais tel qu'à Rome on les voit être.
Couvert d'un poil argentin,
Ras et poli comme le satin,
...
Au demeurant tu ne vis oncques
Chat plus adroit, ni mieux appris
A combattre rats et souris.
Belaud savait mille manières
De les surprendre en leur tanière.
...



Sonnet à Ménine Joachim du Bellay Regrets

Ménine aux yeux dorés, au poil doux, gris et fin,
La charmante Ménine, unique en son espèce;
Ménine, les amours d'une illustre Duchesse
Et dont plus d'un mortel enviait le destin.
Ménine, qui jamais ne connut de Ménin,
Et qui fut de son temps des chattes de Lucrèce
Chatte pour tout le monde, et pour les chats tigresse:
Au milieu de ses jours en a trouvé la fin.
Que lui sert, maintenant, que dédaigneuse et fière
Jamais d'aucun Matou, sur aucune gouttière,
Elle n'ait écouté les amoureux regrets!
La Parque étant ses droits sur tout ce qui respire
Et de ne rien aimer tout le fruit qu'on retire,
C'est une triste vie, et puis la mort après.

Haut de page

Le chat Paul Eluard, Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux

Pour ne poser qu'un doigt dessus
Le chat est bien trop grosse bête.
Sa queue rejoint sa tête,
Il tourne dans ce cercle
Et se répond à la caresse.
Mais la nuit l'homme voit ses yeux
Dont la pâleur est le seul don.
Ils sont trop gras pour qu'il les cache
Et trop lourds pour le vent perdu du rêve.
Quand le chat danse
C'est pour isoler sa prison
Et quand il pense
C'est jusqu'aux murs de ses yeux.

Haut de page

Chanson du chat Tristan Klingsor, Florilège poétique

Chat, chat, chat,
Chat noir, chat blanc, chat gris
Charmant chat couché
Chat, chat, chat,
N'entends-tu pas les souris
Danser à trois des entrechats
Sur le plancher?
Le bourgeois ronfle dans son lit,
De son bonnet de coton coiffé,
Et la lune regarde à la vitre.
Dansez souris, dansez jolies,
Dansez vite
En remuant vos fines queues de fées.
Dansez sans musique tout à votre aise,
A pas menus et drus,
Au clair de lune qui vient de se lever,
Courez; les sergents de la ville dans la rue
Font les cent pas sur le pavé;
Et tous les chats du vieux Paris
Dorment sur leurs chaises
Chats blancs, chats noirs ou chats gris.

Haut de page

Le chat et le vieux rat Jean de La Fontaine

J'ai lu chez un conteur de fables,
Qu'un second Rodilard, l'Alexandre des chats,
L'Attila le fléau des rats,
Rendait ses derniers misérables;
J'ai lu dis-je en certain auteur,
Que ce chat exterminateur,
Vrai Cerbère, était craint une lieue à la ronde.
Il voulait de souris dépeupler tout le monde.
Les planches que l'on suspend sur un léger appui,
La mort aux rats, les souricières,
N'étaient que jeu au prix de lui.
Comme il voit que dans leurs tanières
Les souris étaient prisonnières,
Qu'elles n'osaient sortir, qu'il avait beau chercher,
Le galant fait le mort et du haut d'un plancher
Se pend la tête en bas: La bête scélérate
A de certains cordons se tenait par la patte.
Le peuple des souris croit que c'est châtiment,
Qu'il a fait un larcin de rôt ou de fromage,
Égratigné quelqu'un, causé quelque dommage;
Enfin qu'on a pendu le mauvais garnement.
Toutes dis-je unanimement,
Se promettent de rire à son enterrement,
Mettent le nez à l'air montrent un peu la tête,
Puis enfin se mettent en quête.
Mais voici bien une autre fête:
Le pendu ressuscite, et , sur ses pieds tombant,
Attrape les plus paresseuses.
Nous en savons plus d'un, dit-il en les gobant:
C'est tour de vieille guerre; et vos cavernes creuses
Ne vous sauveront pas, je vous en avertis:
Vous viendrez toutes au logis.
Il prophétisait vrai: Notre maître Mitis
Pour la seconde fois les trompe et les affine,
Blanchi sa robe et s'enfarine:
Et, de la sorte déguisé,
Se niche et se blotti dans une huche ouverte.
Ce fut à lui bien avisé:
La gent trotte-menu s'en vient chercher sa perte.
Un rat, sans plus, s'abstient d'aller flairer autour:
C'était un vieux routier il savait plus d'un tour;
Même, il avait perdu sa queue à la bataille.
Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille,
S'écria-t-il de loin au général des chats:
Je soupçonne dessous encor quelque machine.
Rien ne te sert d'être farine
Car quand tu serais sac, je ne t'approcherais pas.
C'était bien dit à lui; j'approuve sa prudence;
Il était expérimenté,
Et savait que la méfiance
Est mère de sûreté.



Sonnet Jules Lemaitre

Mon chat, hôte sacré de ma vielle maison,
De ton dos élastique arrondis la souplesse.
Viens te pelotonner sur mes genoux et laisse
Que je passe mes mains dans ta toison.
Ferme à demi, les reins émus d'un long frisson,
Ton œil vert qui me raille et pourtant me caresse,
Ton œil vert, mêlé d'or qui, chargé de paresse,
M'observe, d'ironique et bénigne façon.
Tu n'as jamais connu, philosophe, ô vieux frère,
La fidélité sotte et bruyante du chien.
Tu m'aimes cependant, et mon cœur le sent bien.
Ton amour clairvoyant et peut-être éphémère
Me plaît, et je salue en toi, calme penseur,
Des exquises vertus: scepticisme et douceur.

Haut de page

Le Chat noir Rainer Maria Rilke, Nouveau poèmes

Un fantôme est encor comme un lieu
où ton regard se heurte contre un son;
mais contre ce pelage noir
ton regard le plus fort est dissout:
ainsi un fou furieux, au paroxysme
de sa rage, trépigne dans le noir
et soudain dans le capitonnage sourd
de sa cellule, cesse et s'apaise.
Tous les regards qui jamais l'atteignirent,
il semble en lui les receler
pour en frémir, menaçant, mortifié,
et avec eux dormir.
Mais soudain, dressé vif, éveillé,
il tourne son visage - dans le tien:
et tu retrouves à l'improviste
ton regard dans les boules d'ambre
de ses yeux: enclos
comme insecte fossilisé.



Le petit chat Edmond Rostand, Musardises.

C'est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent,
Quelques fois il s'assied sans faire de tapage,
On dirai un joli presse papier vivant.
Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu'on fait pour essuyer les plumes ressemblant.
Quand il s'amuse il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m'accroupis pour suivre se mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.
Tout d'abord de son nez délicat il le flaire,
Le frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe; et dés lors il est à son affaire
Et l'on entend pendant qu'il boit un clapotis.
Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.
Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l'air étonné d'avoir déjà fini.
Et comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.
Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates;
Il les ferme à demi, parfois en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigres étendu sur le flanc.

Haut de page

Poème du chat Jacques Roubaud

Quand on est chat on est pas vache
on ne regarde pas passer les trains
en mâchant des pâquerettes avec entrain
on reste derrière ses moustaches
(quand on est chat, on est chat)
Quand on est chat on est pas chien
on ne lèche pas les vilains moches
parce qu'ils ont du sucre plein les poches
on ne brûle pas d'amour pour son prochain
(quand on est chat, on est pas chien)
On passe l'hiver sur le radiateur
à se chauffer doucement la fourrure
au printemps on monte sur les toits
pour faire taire les sales oiseaux
On est celui qui s'en va tout seul
et pour qui tous les chemins se valent
(quand on est chat, on est chat).

Haut de page

Le petit chat blanc Claude Roy, Enfantasque

Un petit chat blanc
qui faisait semblant
d'avoir mal aux dents
disait en miaulant:
"Souris mon amie
J'ai bien du souci
Le docteur m'a dit:
Tu seras guéri
Si entre tes dents
Tu mets un moment
Délicatement
La queue d'une souris"
Très obligeamment
Souris bonne enfant
S'approcha du chat
Qui se la mangea.
Moralité:
Les bons sentiments
Ont l'inconvénient
D'amener souvent
De graves ennuis
Aux petits enfants
Comme-z-au souris.

Haut de page

La java des pussy-cats de Boris Vian

Sur un vieux toit en zingue
Y avait des pussy-cats
Qui dansaient comme des dingues
En f’sant du bruit avec leurs pattes
Alertés, les voisingues
S’écriaient ça n’a rien d’bath
Y a d’quoi dev’nir sourdingue
On peut plus travailler ses maths
Le matou du marchand d’volailles
Un sardine en bandoulière
Avait enlacé par la taille
La chatte de la cuisinière
Chacun faisait du gringue
A la siamoise de l’épicier
C’était un vrai dancingue
A tout l’monde ils cassaient les pieds Au bout d’une demi-plombe
Écœurés par ce raffut
Les flics s’amènent en trombe
En faisant tourner leurs massues
Et c’est une hécatombe
Les ardoisent volent en éclats
On aurait cru des bombes
Mais y avait déjà plus un chat
Réfugiés au fond d’une cave
Les pussy-cats pas dégonflés
Sirotant d’l’alcool de betterave
S’étaient remis à gambiller
Toute la nuit ils dansèrent
En usant des kilos d’savates
Pour leur anniversaire
La java des pussy-cats

Haut de page